Poursuivre les conversions en grandes cultures pour réduire les recours aux importations

La Journée Filières et Techniques consacrée aux grandes cultures biologiques organisée le 28 juin 2017 par IBB* a permis d’aborder les principales problématiques de la filière, dans le contexte actuel de développement de la consommation et de forte demande en matières premières. A travers les structures présentées et visitées, diverses approches ont été exposées, reflétant la volonté commune d’un développement maîtrisé de la filière.

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Des chiffres

  • En France, en 2016 : plus de 357 000 ha de Grandes Cultures conduits en mode de production biologique (+20% vs 2015).
  • Malgré une augmentation importante des surfaces en AB ces dernières années, les besoins de la filière ne sont pas comblés.
  • Importations en augmentation en 2016. L’enjeu pour la filière est de combler ce déficit afin d’assurer un approvisionnement 100% français. Parallèlement, risque de manque de capacité de stockage pour le grand ouest en céréales.
  • Fort développement du marché des produits Bio, auquel participent pour 30% l’épicerie et la boulangerie. Mais cette croissance est limitée par l’approvisionnement : de nombreux transformateurs recherchent de la matière première.

Installation, conversion et suivi : l’accompagnement des producteurs

Les structures telles que les Chambres d’agriculture de Bretagne proposent un accompagnement des producteurs, notamment dans le cadre du dispositif Pass’Bio conversion et suivi. D’autres accompagnements spécifiques peuvent également être mis en œuvre, dans les zones de captages prioritaires et les périmètres sensibles par exemple.

Karim Elouali : s’inspirer des systèmes qui fonctionnent, pour une conversion Bio sans a priori

  • Pour Karim Elouali, la culture de céréales Bio est “avant tout une histoire de compétences. Plus on est compétent, plus on peut diminuer la durée de la rotation. Il ne faut pas être dogmatique“.
  • Installé au Pâtis d’Orcan à Noyal-sur-Vilaine en 2013 sur 147 ha (céréales et prairies), en conversion Bio depuis le printemps 2016. Ayant peu d’expérience en céréales, Karim effectue de nombreuses visites dans différentes régions, afin d’observer et de s’inspirer de divers systèmes, sans a priori.

Les Greniers Bio d’Armorique : fournir des céréales Bio locales pour l’alimentation humaine en Bretagne et Pays de la Loire

L’association Les Greniers Bio d’Armorique a été créée par Céréco (fabricant céréales pour petit-déjeuner) et la SA Pinault (collecte, stockage) il y a 12 ans. Objectif : fournir localement des céréales biologiques pour l’alimentation humaine en Bretagne et Pays-de-la-Loire.

Les objectifs actuels de l’association sont notamment :

  • d’élargir la gamme de cultures à valoriser via des projets filière pour diversifier les débouchés (farine de blé noir, blé meunier, huile de colza)
  • d’investir dans des outils pour travailler la graine et la vendre aux transformateurs (récolte 2018)

Céréco, un acteur de la filière Grandes Cultures Bio très impliqué dans la filière

L’entreprise Céréco a été fondée en 1991 par Gérard Le Goff dans l’objectif d’apporter de la valeur ajoutée à ses productions végétales. L’entreprise est désormais leader national des céréales Bio pour petit-déjeuner.

  • Céréco utilise environ 10 000 T de matières premières, avec l’objectif d’un approvisionnement provenant au maximum de France (orge, seigle, épeautre et blé / sous contrats pluriannuels de 3 ans avec des coop 100% Bio / engagement de volume et encadrement de prix).
  • Besoins en avoine blanche (vêtue) couverts qu’à 50% au plus par l’approvisionnement national : l’entreprise recherche des producteurs, sous forme organisée, via des Organismes Stockeurs, afin d’avoir un grain calibré et trié.
  • Exemple de collaboration au sein de la filière grandes cultures biologiques dans le Grand Ouest, avec les Greniers Bio d’Armorique et la SA Pinault.

Breizh Sukr, un projet innovant pour une nouvelle filière

Bernard Cano s’intéresse depuis quelques années à la production de betterave, sujet élargi ensuite aux sucres. Dans un contexte de fin des quotas sucre au 1er octobre 2017 et d’une absence de filière Bio française de sucre de betterave, le marché du sucre Bio est en progression.

  • Développement des surfaces et création d’un outil de transformation sont les objectifs de ce projet innovant.

La Crêperie Colas à Chateaugiron : des fabrications Bio en croissance

Exemple d’entreprise de transformation, la Crêperie Colas a débuté des fabrications Bio en 2008/2009. Elles s’élevaient à 15% des volumes en 2016 et seront de 15 à 20% en 2017.

  • L’entreprise souhaite s’approvisionner autant que faire se peut dans la région pour ses matières premières : auprès de moulins morbihannais et d’Ille-et-Vilaine pour le sarrasin, en Ille-et-Vilaine pour le blé, les œufs, le lait et le jambon.

*en partenariat avec les Chambres d’agriculture de Bretagne

Connaissance, diagnostic, accompagnement de la filière : deux outils réalisés dans le Grand Ouest

Pour accompagner la filière dans sa croissance, les acteurs professionnels du Grand Ouest se mobilisent.

Télécharger le compte-rendu complet de la Journée Filières et Technique Céréales – IBB – 28 juin 2017

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