Innover avec les légumineuses à graines en Bretagne pour développer l’autonomie protéique en alimentation animale et humaine

Le 8 juin 2021 s’est déroulée à la station expérimentale de Kerguéhennec (56) une matinée consacrée aux légumineuses à graines. Ces portes ouvertes co-organisées par la Chambre d’Agriculture de Bretagne, Terres Inovia, la FRAB et la FR CUMA OUEST ont été l’occasion de (re)découvrir en 6 ateliers les savoir-faire et avancées en terme de productions de légumineuses mais aussi en terme de valorisation.

Gestion du désherbage : la technologie au service du désherbage mécanique

La gestion des adventices est un enjeu majeur en agriculture biologique, quelles que soient les cultures. Les légumineuses à graines sont loin de faire exception avec des enjeux de gestion tout au long du cycle et au moment de la récolte importants (hauteur au sol des cosses, récolte en andain, triage, humidité au pied, etc.).

Des essais ont été menés sur le binage à guidage caméra sur soja à Kerguéhennec. Cette caméra couleur 3D de précision et son interface permettrait de simplifier les travaux de binage tout en permettant un semis plus serré sans augmenter le risque d’arracher la culture lors du désherbage mécanique.

La culture de soja en Bretagne, une alternative possible mais pas sans effort !

Cet atelier, présenté par Terres Inovia, exposait un état des lieux de la culture de soja en Bretagne. Depuis 2020 une centaine d’hectares est cultivée en Bretagne avec des variétés très précoces (variétés « 000 » ou « 00 ») pour un objectif de récolte souhaité jusqu’à fin septembre maximum (automne breton humide et frais : problématique du séchage).

La culture de soja, extrêmement controversée pour ses impacts écologiques mondiaux (à l’échelle de la culture mais également de l’industrie agro-alimentaire), est une culture riche en protéine et offrant des débouchés aussi bien en alimentation humaine qu’animale (l’extraction des tourteaux de soja à destination de l’AA permet également d’extraire l’huile de soja à destination de l’AH – seconde huile de consommation mondiale après l’huile de palme). Cependant, en Bretagne, il s’agit d’une culture avec des rendements aléatoires qui nécessite beaucoup d’attention et dont les variétés classiques présentent un taux protéiques moindre que dans les autres bassins de production (en moyenne 38% de protéines contre 42% au niveau national – Terres Inovia).

La lentille et le Pois-chiche : deux cultures de diversification qui ont le vent en poupe

Les cultures de lentilles et de pois-chiches se développent depuis plusieurs années. Ces cultures, riches en protéines, sont l’une des alternatives à la consommation systématique et quotidienne de produits carnés. Elles séduisent de plus en plus de producteurs pour la valeur ajoutée qu’elles permettent à la récolte et la diversification qu’elles apportent dans la rotation.

Différents projets sont actuellement menés (W-SoLENT et AsCoLup pour Kerguéhennec) afin de développer ces cultures et de sécuriser leurs itinéraires techniques en contexte bretons/grand-ouest et l’association LEGGO ambitionne de pérenniser et de populariser ces filières.

Développer et diversifier ses sources protéiques : Lupin, Pois et Féverole

Le lupin, le pois et la féverole sont des protéagineux qui, en tant que légumineuses, sont capables de fixer l’azote atmosphérique et sont ainsi d’excellent précédent de céréales. En fonction du système et de la rotation, ils peuvent contribuer à l’amélioration de la structure du sol, rompre les cycles de certains bioagresseurs de céréales et être une source d’azote pour le système de culture.

Le lupin est la culture la plus protéique (32-38% de la MS de la graine) mais les taux du pois (20-25%) et de la féverole (25-30%) sont également très intéressants.

Le projet ASAP – Appropriation des solutions vers l’autonomie protéique – teste notamment les bénéfices d’associations de cultures avec la féverole pour limiter, entre autre, l’enherbement de la parcelle.

Triage à la ferme

Le dernier atelier de cette matinée à Kerguéhennec portait sur le triage à la ferme. La FR CUMA OUEST, la FRAB et le GAB 22 présentaient la trieuse de la CUMA et les différentes possibilités/solutions qu’elles permettaient.

Pour en savoir plus : Support extrait du guide « Maîtriser la qualité de ses grains bio, du champ au silo – Les bonnes questions à se poser » issu du travail du Groupe Grandes Cultures bio Grand Ouest – disponible sur Luzco

Ce sujet vous intéresse ? N’hésitez pas à nous demander l’article complet.
Contact : Florine MARIE, Coordinatrice Recherche IBB – florine.marie@bio-bretagne-ibb.fr 

Pour en savoir plus sur les filières : Goulven OILLIC, Coordinateur Filières IBB – goulven.oillic@bio-bretagne-ibb.fr 

Pour aller plus loin, deux sites références sur les légumineuses et protéagineux proposant des contenus et supports techniques :

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